Les moyens de la lutte contre le paludisme
Les moyens de lutter contre le paludisme existent. Aujourd'hui,
prévention (moustiquaires imprégnées de longue durée, assainissement de
l'environnement domestique, sprays...) et traitements (combinaisons
thérapeutiques à base d'artémisinine) permettent de lutter efficacement
contre le paludisme.
Des scientifiques de par le monde poursuivent leurs travaux de recherche
en vue d'un vaccin antipaludique sûr et efficace. Des progrès récents
dans ce domaine permettent d'envisager avec optimisme la possibilité de
mise au point de vaccins antipaludiques.
Les moustiquaires traitées aux insecticides
Les moustiquaires traitées aux insecticides (MTI) sont l'un des
meilleurs moyens d'empêcher les moustiques de piquer les personnes et de
les infecter avec le paludisme. Elles sont simples, sûres et rentables.
Des études menées par l'Organisation Mondiale de la Santé confirment
que les MTI peuvent réduire la mortalité infantile jusqu'à un tiers
dans les régions impaludées d'Afrique.
Les nouvelles moustiquaires imprégnées de longue durée (traitées
directement en usine pour plus de 5 ans) dégagent continuellement de
l'insecticide, éloignant et tuant les moustiques. Elles commencent à
être mises à la disposition des populations en Afrique. Une moustiquaire
imprégnée d'insecticide de longue durée coûte 5US$.
Fournir durablement ces moustiquaires aux populations à risque et
s'assurer de leur usage correct constituent les principaux défis liés à
ce mode de prévention. Ils supposent deprendre en compte l'organisation
des systèmes de santé existants, les moyens de livraison, ainsi que les
aspect financiers et sanitaires.
Dans sa stratégie de lutte contre le paludisme, l'Organisation Mondiale
de la Santé a récemment introduit la pulvérisation d'insecticide à effet
rémanent, le DTT, à l'intérieur des habitations dans les pays où le
paludisme est endémique.
Certaines approches expérimentales visant à étudier les processus
sous-jacents de la transmission de la maladie, permettent de comprendre
comment le parasite du paludisme interagit avec le moustique. Ces études
utilisant des techniques et des marqueurs génétiques sophistiqués
étudient les populations de moustiques. Des domaines de recherche
totalement nouveaux s'ouvrent aujourd'hui pour mieux comprendre et
réguler l'activité des moustiques.
Cela pourrait tracer de nouvelles voies pour permettre la découverte
d'insecticides écologiques innovants et/ou d'autres produits chimiques
du type insectifuges ou d'autres moyens susceptibles de « manipuler » le
comportement des insectes.
Les médicaments antipaludéens
Les médicaments sont la base du contrôle du paludisme.
L'émergence d'une pharmacorésistance antipaludique aux médicaments
accessibles et largement utilisés (chloroquine et
sulfadoxine-pyriméthamine), les rendant inefficaces dans de nombreuses
régions, a entraîné une augmentation considérable des taux de morbidité
et de mortalité dus au paludisme.
La réponse actuelle recommandée face à cette situation est un nouveau
traitement - combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (ACT) -
destiné à remplacer les anciens médicaments.
De nombreux pays d'Afrique et d'Asie ont adopté les ACT comme traitement
de première ligne. Malheureusement, les ACT restent encore peu
accessibles pour les pays.
Cependant, les médicaments efficaces existants actuellement ne dureront
pas. Les parasites du paludisme possèdent une grande aptitude à
développer une résistance aux médicaments.
La seule manière de lutter efficacement contre le paludisme est
d'investir dès maintenant dans la recherche et le développement de
nouveaux médicaments. Il est également indispensable de mettre au point
des stratégies thérapeutiques optimales avec les médicaments
actuellement disponibles pour assurer leur efficacité et leur longévité.
Les vaccins antipaludiques
Le parasite du paludisme est un organisme multicellulaire complexe,
capable d'esquiver et de surmonter les réponses immunitaires. Les
personnes qui développent une immunité naturelle au paludisme peuvent en
fait regorger de parasites du paludisme, sans pour autant révéler de
signes extérieurs de la maladie. Avec plus de 5 200 protéines prédites à
partir de la séquence du génome du Plasmodium falciparum, il existe des
milliers de protéines potentielles représentant des cibles pour un
vaccin.
Un vaccin antipaludique pourrait être le premier vaccin, autorisé sous
licence, à protéger les êtres humains contre un parasite.
Actuellement, les vaccinologues étudient encore des moyens leur
permettant de relever la myriade de défis posés par le développement de
vaccins antipaludiques. De nombreux développeurs de vaccins
antipaludiques ont concentré leurs efforts sur la création d'un vaccin
limitant la capacité du parasite à réussir à envahir un grand nombre de
globules rouges dans le sang. Ceci limiterait la gravité de la maladie
et aiderait à prévenir les décès dus au paludisme. Il s'agit là de l'une
des approches au développement de vaccins antipaludiques et il en
existe plusieurs autres, qui doivent être évaluées, pour pouvoir aboutir
à un vaccin antipaludique