Le Nigeria fait face à une nouvelle épidémie de fièvre Lassa depuis plus six semaines.
Selon l’OMS, la fièvre de Lassa est une infection virale appartenant à la même famille de virus que celui de Marburg.
« C’est une fièvre hémorragique qui est causée par un arénavirus, le virus Lassa. Ce virus, en fait, se transmet à l’homme par contact avec un réservoir naturel qui est un rongeur qui vit dans les habitations très proches des populations humaines. Il a donc des contacts fréquents avec l’homme, et ensuite il peut y avoir une propagation interhumaine » qui se produit, explique Sylvain Baize, responsable du Centre de référence des fièvres hémorragiques virales à l'Institut Pasteur.
Sévissant de manière endémique au Nigeria, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, la fièvre Lassa est asymptomatique dans 80 % des cas, mais pour les autres cas, elle peut provoquer des atteintes graves, hémorragiques ou neurologiques.
« Les symptômes de cette fièvre sont des symptômes pseudo-grippaux, de la fièvre, des douleurs articulaires et cela s’aggrave après avec des signes hémorragiques. On a de la mortalité entre 5 et 15 % des patients qui décèdent », ajoute Sylvain Baize. Il existe une molécule, la ribavirine, « un petit peu efficace » : c'est un antiviral qui était « notamment utilisé pour traiter l’hépatite C » mais son utilisation pose néanmoins des difficultés.
« Le problème qui se passe avec cet antiviral, c’est qu’il doit être administré très tôt pour être efficace. Or, c’est rarement possible, sur le terrain, puisqu’en général les cas de fièvre de Lassa sont diagnostiqués assez tardivement, à un moment où précisément ce médicament n’est plus efficace. Et puis, c’est un médicament qui est très cher, qui a beaucoup d’effets secondaires et qui n’est pas disponible sur le terrain. Il y a fréquemment des épidémies, mais pas souvent de cette ampleur », précise Sylvain Baize, responsable du Centre de référence des fièvres hémorragiques virales à l'Institut Pasteur.






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